À propos de l’herpès labial

1- Qu’est-ce que l’herpès labial ?

source Fotolia.com

L’herpès est une affection cutanée courante due à un virus très contagieux appelé Herpes Simplex Virus. Le virus Herpes Simplex Virus de type 1 (HSV1) est responsable de l’herpès labial, communément appelé
« bouton de fièvre ». Dans la même famille de virus, le type 2 du virus HSV est quant à lui responsable de l’herpès génital.(1)

Une fois présent dans le corps humain, le virus silencieux vit dans les ganglions pendant des semaines, voire des années jusqu’à son réveil.
En effet, différents facteurs peuvent activer le virus : on les appelle les facteurs déclencheurs.(2, 5)

Une fois activé, le virus entraîne l’apparition de prodromes (signes avant-coureurs) puis de lésions cutanées : plusieurs vésicules regroupées en bouquet herpétique sur ou au-dessus de la lèvre, voire au niveau des commissures. Une vésicule est facilement identifiable : il s’agit d’une cloque de petite taille contenant un liquide clair et susceptible de se percer en séchant. (1, 2, 5)

2- Bouton de fièvre : qui est concerné ?

On estime que 67 % des français sont porteurs du virus(3).

Près de 9 millions d’adultes ont au moins une poussée annuelle(3, 4) dont 1,1 million ont 6 (ou plus) récidives d’herpès labial par an(3, 4).

Les sujets immuno-déprimés (atteints du virus du sida, sous traitement immunosuppresseur après une transplantation d’organes, sous chimiothérapie) sont plus sensibles aux virus d’une manière générale et donc également au virus de l’herpès.

3- Comment attrape-t-on l’herpès labial* ?

Le virus se transmet principalement par contact direct avec les lésions herpétiques (5).

Classiquement, le premier contact avec le virus remonte à la petite enfance entre l’âge de six mois/un an et quatre ans via un baiser donné à l’enfant par un adulte porteur. Il s’agit de la primo-infection(5). Celle-ci peut également intervenir à l’âge adulte. La primo-infection est asymptomatique dans 90% des cas. Elle peut toutefois entraîner une fièvre, des lésions buccales inflammatoires (gingivostomatite), voire une infection de la gorge (pharyngite)(5).
Une fois que l’on est porteur du virus, celui-ci perdure toute la vie et peut être réactivé par les facteurs déclencheurs(5).

4- Quels sont les facteurs déclencheurs ?(1,2,5)

Des situations quotidiennes ou des évènements peuvent réveiller le virus de l’herpès :

  • périodes de fatigue, de dépression ou d’angoisse
  • stress émotionnel ou physique ponctuel
  • menstruations
  • fièvre
  • rhume, grippe
  • traumatisme local comme une extraction dentaire, un traitement esthétique type laser, dermabrasion, comblement de rides, épilation…
  • prise d’un traitement médical à base de cortisone
  • le froid
  • l’exposition au soleil

5- Quels sont les stades d’évolution du bouton de fièvre ?(5)

La période d’incubation est très variable allant de 2 à 12 jours, période pendant laquelle le sujet est contagieux.

Des signes avant-coureurs apparaissent 24 heures avant que le bouton de fièvre soit visible. On les appelle des prodromes : douleur, rougeur, sensation de brûlure, démangeaisons, picotements.

Une rougeur plus ou moins gonflée apparait : le bouton de fièvre devient alors visible, un bourgeonnement de vésicules éclot et celles-ci persistent pendant 48 heures en moyenne, 2 jours pendant lesquels elles murissent, suintent puis évoluent en croûte : le cycle dure entre 7 et 10 jours et la cicatrisation totale peut prendre jusqu’à 15 jours.

  1. Prise en charge de l’herpès cutanéo-muqueux chez le sujet immunocompétent, Société Française de Dermatologie, Conférence de consensus, 07/11/2001
  2. Herpès cutanéo-muqueux, Dauendorffer J.N., La revue du Praticien, Médecine Générale,2008, 799 ; 22 : 335-7
  3. Lorette G. and al., A survey on the prevalence of orofacial herpes in France : the Instant study, J Am Acad Dermatol, 2006, 225-32
  4. Recensement de la population de 2006, Insee, Janvier 2009 N°1218, tableau 1
  5. Infection à herpès : virus de l’enfant et de l’adulte immunocompétent, Vitrat-Hincky V. et Brion J.P., La revue du Praticien, 2009, 59 : 1287-93